Vous l’avez peut-être lu au cours de mes différents billets, mais j’utilise le framework Dynacase afin de développer notre GED en interne ainsi que d’autres applications métiers. Au cours de mes projets et notamment la publication d’un article sur l’outil, j’avais interviewé Yannick le Briquer, fondateur de la société Anakeen, éditeur de la solution. Je vous en fait donc profiter…

Comment est né Anakeen ? Qui en sont les fondateurs ?

J’ai créé Anakeen en 1998. En 2008, Anakeen est devenu éditeur de logiciel. Au cours de ces années, trois associés m’ont rejoint : Marc Claverie (Production), Eric Brison (R&D) et Mickaël Kwasnik (Marketing et Commercial).

Comment est né Dynacase ?

Avant Anakeen, j’ai créé un pôle d’offre GED au sein d’une grande SSII. Ce pôle était dédié aux grands comptes et travaillait sur des projets structurants, que ce soit avec du développement logiciel spécifique ou via l’intégration de solutions propriétaires telles que Documentum, FileNet, LiveLink…
Au début d’Anakeen, nous avons eu à mener des missions d’analyse de processus chez nos clients et nous avons constaté l’absence de solutions structurantes qui auraient pu nous permettre d’aller au-delà de la simple collaboration en valorisant les fonctions support afin de gagner en productivité.
Dynacase est né de cette réflexion. En utilisant notre expérience passée, sur nos fonds propres avec pour objectif d’offrir des solutions efficaces avec un retour sur investissement tangible.

Au niveau technologie, vous avez choisi PHP/PostgreSQL, pourquoi ne pas avoir opté pour java (J2EE) ?

En 2001, au tout début du projet, nous n’avions pas grand-chose à réutiliser. Le langage java était encore « propriétaire » et comme nous voulions un vrai logiciel open source en mode web, le plus simple était d’utiliser PHP. Il nous a fallu construire toutes les couches nécessaires pour bâtir une application complexe, il n’existait alors aucun framework PHP.

Du côté de la base de données, nous avions le choix entre MySQL et PostgreSQL. Dynacase repose sur un modèle NoSQL orienté documentaire et orienté graphe, complété par un modèle de droits dynamiques. Les bases NoSQL étaient inexistantes, nous nous sommes appuyés sur une base de données classique robuste et éprouvée. Le modèle objet du document nous imposait l’utilisation d’une base de données supportant l’héritage et les trigger, ce fut donc PostgreSQL. En 2012, de nombreuses entreprises ont un schéma directeur informatique privilégiant PHP et PostgreSQL.

Pourquoi avez vous fait le choix de l’open source pour Dynacase ?

Anakeen s’est développée initialement avec et autour du logiciel libre. C’est pour nous l’assurance de la maitrise complète de ce que nous produisons. En choisissant un logiciel Open Source, nos clients ont l’assurance de pouvoir vérifier le fonctionnement et la qualité du code. L’autre avantage est commercial, le logiciel open source est un facteur différenciateur fort.

Qui dit open source dit communauté, contributions. Intégrez-vous aujourd’hui des contributions de la communauté (docs, patchs, familles) ? Si non, projetez-vous de le faire et par quel moyen ?

Dynacase Platform est composé de briques sur lesquelles un développeur va agir par configuration ou par développement. Actuellement, les contributions sont essentiellement sous forme de documentation, d’entraide à la communauté. Dès aujourd’hui l’ensemble des modules de Dynacase sont sur GitHub, il est dorénavant facile de forker puis de soumettre, pour intégration, des éventuelles contributions.

En terme d’évolution, comment sont décidés les choix technologique de l’outil ?

Les évolutions sont guidées initialement par une demande présente ou future de nos clients. Nous souhaitons améliorer l’expérience des utilisateurs de Dynacase, mais sans perdre de vue qu’un système d’information se bâtit sur plusieurs années.

Pourquoi les clients choisissent-ils Dynacase plutôt Qu’Alfresco, LiveLink ou autre ?

Il y a une segmentation du marché entre le monde java et le monde PHP (python/ruby). Un client ayant bâti son SI autour d’infrastructures J2EE choisira LiveLink naturellement. D’un autre côté, un SI construit en architecture LAMP ou LAPP aura une préférence pour Dynacase.

La roadmap est-elle décidée en fonction des clients ou de la stratégie d’Anakeen ?

La roadmap long terme est décidé par Anakeen, les clients peuvent soumettre leurs souhaits et il est rare que nous ne les prenions pas en compte. A moyen terme, de manière continue, de nouvelles fonctions apparaissent à la demande de nos clients ou sur suggestion de la communauté.

A l’heure actuelle, avez-vous une idée du nombre d’utilisateurs de Dynacase ? Pouvez vous nous citer quelques références ?

Le seul nombre dont nous soyons sûr est le nombre de clients et le nombre d’utilisateurs associés. Nous comptons actuellement 50 clients ayant souscrit le Contrat Entreprise. Le plus gros site compte plus de 7000 utilisateurs et la base documentaire la plus importante dépasse trois millions de documents (essentiellement des documents structurés).
Parmi nos références, nous avons le droit de citer : l’AFNOR, Réseau Ferré de France, l’AERES, le Médiateur National de l’Energie, Pharos et d’autres références sont présentes sur le site web d’Anakeen.

Comment voyez-vous l’avenir de Dynacase ? d’Anakeen ?

L’étape qui s’ouvre devant nous est importante, la structuration des documents et des processus est certes primordiale pour nos utilisateurs, mais les usages réclament plus de souplesse et d’adaptabilité. Dynacase est reconnu pour son moteur de workflow mais nous avons identifié des axes d’amélioration importants pour que les processus puissent en tirer une plus grande richesse. Nous espérons pouvoir aboutir sur ces innovations pour la version 4 de Dynacase.
Et quant à Anakeen, avec l’aide de nos partenaires, nous comptons être un éditeur de référence en France… dans un premier temps.